De nouveau au Kazakhstan, en route vers l’Iran

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28/08/2016 Mon visa Turkmène a été refusé à deux reprises et je ne peux donc pas rejoindre l’Iran aussi facilement que prévu. Je peux évidément passer par l’Afghanistan mais ce n’est probablement pas la meilleure idée. Ou prendre un avion jusqu’à Mashad en Iran. Ou faire un détour de près de 2000 km en passant par le Kazakhstan, la mer Caspienne en bateau puis l’Azerbaijan. J’opte pour cette dernière option et me voilà donc de nouveau au Kazakhstan, deux mois après l’avoir quitté.

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Go straight !

Traversée de la frontière Kazakh en train

Mon visa arrivant à expiration, j’ai pris un train pour les derniers 400km me séparant du Kazakhstan. On m’avait dit que le passage de la frontière serait plus facile par train. En réalité, le train s’est arrêté en plein soleil pendant plus de 3 heures pour laisser le temps à la douane de contrôler les passeports et les bagages de façon aléatoire. En Ouzbekistan, la loi oblige les touristes à dormir à l’hôtel au moins tous les 3 jours pour se faire enregistrer. La douane m’a donc demandé mes tickets d’enregistrement et m’a posé quelques questions pour savoir ce que j’ai fait en Uzbekistan et s’assurer que je ne suis pas un espion. Les questions sont posées sur un ton innocent du type « Pourquoi tu voyages seul? C’est vraiment ennuyant, non? Par où es-tu passé? Tu travailles dans le marketing? Journaliste en quelque sorte? (NOOOOONNNN, ceci est un piège, soyez tout mais surtout pas journaliste, vous risqueriez de ne pas repartir !)…
Après avoir inspecté mon vélo et joué quelques minutes avec mon klaxonne, ils quittent finalement le train et nous continuons notre route vers la prochaine ville Kazakh, Beyneu.

Arrivée à Beyneu dans la soirée

Après une journée de train, me voilà enfin débarqué au Kazakhstan. Il est déjà 21h et la nuit est tombée. Il me faut trouver un endroit pour passer la nuit. Je pédale quelques mètres avant de demander à des passants s’ils ont une idée d’où je pourrais dormir. Il m’indique un hôtel mais je leur explique que je n’ai pas de budget hôtel. L’un des passants m’indique l’école juste en face. Il est le gardien/jardinier et me propose de dormir dans la cour. Parfait ! Je peux même prendre une douche avec le tuyau d’arrosage !
Pour le couchage, il sort deux tapis de gymnastique et les installe dans la cours. Il dormira également dehors.
Le lendemain matin, je suis debout à 6h30 et tout est plié en 30min. J’ai 500km à parcourir pour atteindre Aktaou sur la mer Caspienne et je ne veux pas perdre de temps, j’ai hâte d’atteindre l’Iran.

500km de désert

Entre Beyneu et Aktaou, c’est un grand désert, généralement plat et avec une seule ville étape. L’eau est précieuse et je transporte toujours 9 litres sur mon vélo. Sur ma carte, je recherche à l’avance les points d’accès à l’eau. Il y a quelques sources et oasis sur la route et également des restaurants routiers pour camions tous les 60km environ.

img_6938Le premier soir, je m’arrête à un restaurant routier. C’est le seul signe de présence humaine dans la région et j’ai repéré des abrits à l’extérieur dans lesquels je pourrais dormir à l’abri en cas de pluie. Parfait ! Le patron m’accueil en m’offrant du Coca ultra frais, bonheur ! Je prends une douche à l’extérieur à l’aide de bouteilles d’eau puis je mange au restaurant avant de me préparer à camper dans un abri à côté de mon vélo.

Le deuxième soir, je m’arrête devant un restaurant et demande si je peux planter ma tente. La patronne accepte et m’indique un endroit. Au final je décide de dormir à la belle. Le ciel est dégagé, il ne va pas pleuvoir et je n’ai pas envie de perdre de temps à monter et démonter ma tente. Magnifique ciel étoilé !

Le lendemain, je traverse un village et m’arrête pour demander où je peux dormir. Personne ne parle anglais mais un homme me fait comprendre que je dois le suivre, lui en voiture et moi à vélo. Il est en train de construire une maison et me propose de dormir dans une sorte de garage dans lequel il stock son matériel. J’ai repéré à 3 km de là une source d’eau et lui demande si on peut aller remplir des géricanes pour que je puisse cuisiner et prendre une douche. Il accepte et m’accompagne en voiture.

Les 3 premiers jours de route étaient assez facile, plat et sans vent mais les 2 derniers jours s’annoncent bien plus compliqué. La montagne fait son apparition et surtout un fort vent de face qui m’empêche d’avancer et latéral qui me déstabilise et me déporte vers le milieu de la route. Je dois pédaler de longues heures pour m’approcher de mon objectif quotidien de 100km. Le dernier jour, je n’arrive pas à atteindre Aktaou. Il me reste encore 30km à parcourir mais la nuit est déjà tombée depuis un moment et je dois trouver un endroit où dormir. J’aperçois au loin plusieurs restaurants routiers. Les restaurants sont en train de fermer et je demande si peux dormir à l’intérieur pour la nuit. On me fait comprendre que ce n’est pas possible mais que je peux planter ma tente sur le parking. Je fais quelques tentatives pour planter mes piquets mais la terre est tellement sèche que c’est peine perdue. Et le vent est toujours très puissant. Je retourne au restaurant mais m’aperçois que les volets et porte sont fermés. Je commence à pester intérieurement contre l’hospitalité kazakh mais 2 minutes plus tard la patronne et son fils arrivent de nul part et me font comprendre que je dois les suivre. Finalement j’ai sous-estimé leur générosité et je les ai jugé trop vite ! Ils m’aident à porter mes sacs et mon vélo dans un local et me font dormir dans un container servant de dortoir. Dans ce container, une bonne quinzaine d’hommes sont entassés. Ils travaillent sur des sites d’extraction de pétroles situés à proximité. Ils m’interrogent sur la France et je les entends discuté en russe. Ils se demandent si la France est un pays musulman. L’un d’entre eux rassure ses camarades en affirmant que oui la France est un pays musulman… L’équipe de football française en est la preuve : Karim Benzema, Zidane… Ouf !

 

Aktaou : bel accueil !

Arrivé à Aktaou, je cherche du wifi pour joindre mon hôte couchsurfing. Je m’arrête devant un hôtel qui par malchance semble fermé mais un livreur de pain m’indique de le suivre jusqu’à son épicerie. Arrivé à l’épicerie, je suis accueilli par le personnel qui m’offrent le thé, des biscuits et chocolat et finalement m’invitent à partager leur déjeuner !
Dans l’après-midi, je rejoins mon hôte couchsurfing qui me fait visiter la ville et m’aide à réserver un bateau pour l’Azerbaijan. Le process est peu complexe puisqu’il n’y a pas de ligne régulière pour le transport de personnes. Seuls des cargos font la liaison avec l’Azerbaijan et certains acceptent des passagers mais il n’y a aucun planning fixe. Les bateaux partent quand ils sont pleins. Embarquement immédiat, rendez-vous en Azerbaidjan dans le prochain article !

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