Vietnam : changement de climat !

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Cela fait maintenant une semaine que j’ai quitté le Vietnam après y avoir passé les 15 jours autorisés sans visa. L’arrivée au Vietnam est marquée par un changement total de climat mais également par un développement économique beaucoup plus avancé que le Laos et le Cambodge. Comme à chaque passage de frontière, je dois me réadapter !

 

Traversée des montagnes et arrivée au Vietnam

Le Laos et le Vietnam sont séparés naturellement par des montagnes. Le cycliste coréen que j’avais croisé au Cambodge m’avait prévenu que c’était la partie la plus difficile qu’il avait rencontré sur sa route depuis le nord de la Chine jusqu’en Malaisie. Finalement plus de peur que de mal. Autant j’ai souffert lorsque j’ai traversé la réserve naturelle de Nam Theun à quelques centaines de km de la frontière, autant le franchissement de la frontière Laos/Vietnam a été relativement simple pour moi.

 

Changement de climat

En l’espace de 48h, le climat a totalement changé. Alors que les températures côté Laos plafonnait à 40 degrés dans la journée et 28 degrés la nuit avec un climat sec et assez aride, une fois passé de l’autre côté de la montagne, les très fortes chaleurs sont remplacées par des températures plus fraîches mais également beaucoup plus humides. Les paysages jaunis par le soleil que j’ai connu depuis le Cambodge sont maintenant devenu verts vif. Les risières s’étendent à perte de vue et les caneaux d’irrigations quadrient le territoire.

Le Vietnam : un pays « riche »

Au Cambodge et au Laos, j’avais été surpris de voir que tous les produits de consommation étaient importés, soit de Thailande, soit du Vietnam. Les locaux m’avaient expliqués que leur pays n’avait aucune industrie et que le Vietnam était le gros méchant de la région qui s’arrangeait avec le gouvernement pour exporter ses produits. En me raprochant de la frontière Vietnamienne j’avais également été surpris de croiser quotidiennement des centaines d’énormes camions vietnamiens qui déversaient leurs cargaisons au Laos.

En arrivant au Vietnam, je constate une différence énorme en terme de développement. Les enfants circulent tous en scooter ou vélo électrique, les routes sont bordées de maison en parpinc ou en briques (fini les maisons de bois sur pilotis), les jardins sont généralement bien entretenu et fermés par une grille, les routes sont bien entretenues et le réseau routier est beaucoup plus dense que dans les précédents pays et surtout les complexes industrielles font leur apparition alors qu’ils étaient pratiquement absent au Cambodge et Laos.

 

Un contact plus difficile avec la population

Un pays plus riche… et un contact plus difficile avec la population. Dans les précédents pays, les gens vivaient dehors et ne rentraient dans leur maison que pour dormir. Au Vietnam, les maisons sont construites en dur avec des portes et des fenêtres. Terminé les « Hello, how are you » et les « Sabaidee » des enfants.

Le premier soir, je m’arrête devant une école en fin d’après-midi et demande s’il serait possible de planter ma tente dans l’enceinte de l’école. Le gardien est un peu embêté mais il cherche à m’aider et demande à des professeurs ce qu’ils en pensent. Les prfesseurs demandent ensuite l’avis du directeur. Puis le directeur l’avis d’un cadre du parti visiblement. Au final, on m’informe que le réglement interdit d’héberger un étranger. On m’indique qu’il y a un temple boudhiste mitoyen à l’école mais que je ne serai pas accepté non plus. Pendant ce temps là un attroupement d’enfants surexcités s’est formé autour de moi et du vélo. Les professeurs anticipent ma question et m’informent que je ne pourrais pas non plus être hébergé dans une famille. Ils me dirigent vers le comité du parti et me disent qu’ils accepteront certainement que je plante ma tente sur leur terrain.

Accompagné à vélo par quelques enfants, je retourne 4km en arrière bien fatigué de ma journée. Après au comité du parti, les enfants expliquent en vietnamien que j’aimerais dormir sur le terrain du comité et que je reprendrai la route à 6h le lendemain matin. Après 30min de discussion en vietnamien et de coups de téléphone, on me fait comprendre que je dois aller à l’hôtel. Un peu dépité, je me lave rapidement dans les toilettes puants du comité et reprends mon vélo.

Quelques mètres plus loin, un vietnamien me fait signe de m’arrêter et me fait comprendre que je peux manger et dormir chez lui. La maison est très glauque. Toutes les portes sont cadenacées et il n’y a aucun meuble sauf dans la cuisine où un matelas est étendu sur le sol et où se trouve un énorme bidon avec de gros poissons qui vivotent dans quelques litres d’eau. Mais je ne vais pas me pleindre après les galères de la soirée.

 

Il prépare à manger. Ce n’est pas mauvais. Puis il me propose de regarder avec lui un porno. Symptique… J’arrête de sourire et lui fait comprendre que c’est légèrement déplacé…!  Il regarde seul son film, allongé sur ce qui devait me servir de matelas, à travers la porte entre ouverte (la TV était dans une sorte de petite pièce). Je comprends qu’il avait l’intention de passer la nuit là et il me fait comprendre qu’il est gay. Les seuls mots qu’il a réussi à sortir en anglais sont « I love you » et « gay ». J’essaye toujours d’être sympathique avec les personnes qui m’accueillent mais là, il fallait qu’il dégage de mon matelas. J’installe mon matelas gonflable par dessus le matelas tout dégueu qui m’était destiné et le borde avec ma moustiquaire. Je me couche en gardant un oeil ouvert et laissant la lumière allumée. Il a passé la nuit la nuit dans son cagibi, surement à regarder son film et ai sorti vers 4h du matin avant de revenir vers 6h. Aucune idée de ce qu’il est allé faire et je ne préfère pas savoir. Le lendemain matin, je suis pressé de partir mais il insiste pour que je mange avant de partir. Au moment de partir, il tente sa chance et me demande de l’argent. Évidement je n’ai pas donné ! Étrange première expérience au Vietnam !

 

Klaxon & identité culturelle au Vietnam !

Au Vietnam, on conduit à l’oreille. Que l’on croise une voiture, que l’on approche d’une intersection ou que l’on s’apprête à doubler, ON KLAXONNE. Et parce que les vietnamiens ne font pas les choses à moitié, ils ont inventé la voiture automatique. Rien à voir avec la boite automatique. Il s’agit d’un klaxonne automatique. Il suffit d’appuyer une seconde pour le klaxonne chante sa douce mélodie pendant 10 secondes. Etant donné que le conducteur vietnamien klaxonne en permanence, le klaxonne automatique est une véritable révolution ! Certains conducteurs ont tellement le réflexe de klaxonner qu’ils klaxonnent même s’ils sont seuls sur la route. Pendant 5 jours, jusqu’à Hanoi, j’ai emprunté la 4 voies. Imaginez l’état de mes oreilles et de mon cerveau en fin de journée !

 

Un accueil difficile le long de la route

Tout le long de ces 4 voies se trouvent des maisons et petits commerces. Il y avait parfois de petits emplacement à côté de la maison suffisant pour mettre ma tente. Les habitants étaient généralement très peu accueillants. Certains semblaient tétanisés par ma présence et d’autres furieux que je plante ma tente et que j’ose demander de prendre une douche chez eux. Malgré tout j’arrivais à trouver des gens sympathiques et plus accueillants que la moyenne.

 

Le dernier soir avant d’atteindre Hanoi, je tente de m’éloigner de quelques mètres de la route principale et aperçois une famille au complet dans un jardin. Je leur explique que j’aimerais planter ma tente sur un bout de leur terrain. Ils semblent très curieux d me voir mais cherchent à me diriger vers un hôtel. Je leur explique que je n’ai pas le budget et très vite ils m’invitent à dîner et dormir chez eux !

 

Découverte d’Hanoi

A Hanoi, je suis hébergé 5 jours dans une colloc d’expatriés français, allemands, américains et canadiens. Je suis très bien accueilli et redécouvre les joie du confort : douche (chaude !), eau potable au robinet, canapé, électricité et vélo sécurisé. Je profite de ce temps pour me reposer, visiter la ville et quelques musées, mettre à jour le blog et tenter de reprendre un rythme à l’occidental comme le font les collocs ! On se couche tard car il y a des anniversaires à fêter presque tous les soirs et on se lève tard. Mais j’ai pris l’habitude de me réveiller à 5h30 avec le coq et impossible de changer cette habitude !  Pire qu’un jetlag ! 😉

Ha-Noi (« Ville au delà du fleuve ») est une ville surprenante et très différente des villes que j’avais traversé jusqu’à présent. Hanoi est riche d’un mélange de cultures chinoise et française après avoir été occupée à tour de rôle. Les chinois ont apporté l’instruction à travers notamment le confucianisme tandis que les français ont apporté une relative prospérité économique dans la région.

On trouve dans la ville des vestiges de l’influence chinoise avec des temples confucianistes et en particulier le temple de la littérature, des fortifications et des portes chinoises. Mais c’est surtout l’influence française qui est la plus visible. Dans le centre historique, on se croirait dans une ville française en plein milieu du Vietnam. Les immeubles sont construits sont très inspirés des immeubles du 19ème siècle en France et certains bâtiments officiels sont de véritables copies de monuments parisiens. Par exemple, l’Opéra d’Hanoi est une miniature de l’Opéra Garnier à Paris.

Ancienne maison

 

Visite de la baie d’Halong

J’ai profité de ma pause à Hanoi pour aller visiter la baie d’Halong sur une journée. La baie est située à 100km à l’est d’Hanoi mais le mauvais état des routes et les pluies torrentielles de la journée ont fait qu’il nous a fallu près de 5 heures avant d’embarquer sur un bateau pour visiter la baie.

On m’avait prévenu que c’était très touristique et en effet, ça l’est beaucoup trop à mon gout. On nous dépose dans une village flotant habité par des pêcheurs et on nous explique que nous sommes dans un lieu naturel avec des locaux qui vivent de la pêche. En réalité, nous sommes surtout dans un parc touristique avec des comédiens qui font semblant de pêcher mais qui vivent principalement du tourisme en proposant des tours de barque hors de prix.

Malgré tout le site est très beau et ces blocs de roches qui semblent sortir de la mer et qui forment parfois une sorte de limbirynte sont assez impressionnant.

En route pour la Chine : cette fameuse route « toute droite et toute plate »

Après 5 jours de pause à Hanoi, je reprends la route vers la Chine. Il me reste 4 jours et 300km à vol d’oiseaux pour atteindre la frontière avant expiration du visa. A Hanoi, les locaux me disent que la route est toute droite et totalement plate et que je n’aurais donc aucune difficulté pour faire mes 300km en 3 jours en roulant bien. La réalité est toute autre…

Les 60 premiers kilomètres sont relativement plats et la route est goudronnée. Passé ces 60 premiers kilomètres, la route disparaît pour laisser place à une piste boueuse et très pentue. Je roule à 7 km/h et malgré tout mon vélo tremble et les sacoches sautent sur chaque caillou. Malgré la faible vitesse, j’ai peur de tout casser et me force parfois à descendre du vélo pour le soulager. J’avance lentement et dois pédaler 8 heures par jour pour espérer atteindre la frontière dans les temps. De temps en temps je passe sous l’autoroute qui est en effet presque toute droite et presque sans dénivelée. Surement la route dont devaient parler les locaux d’Hanoi ?

Les difficultés sont souvent récompensées. Tout au long de cette piste presque déserte, j’ai pu contempler de très beaux paysages et ai également eu un bon accueil le soir venu. Dans la journée j’ai parfois été accompagné par des dizaines d’enfants à vélo qui sortaient de l’école. Certains m’ont accompagné sur plusieurs kilomètres et je dois dire que j’étais très content d’avoir des compagnons de route avec qui faire la course !

 

 

Après 4 journées de route, j’atteins Lao Cai et mets pour la première fois pied à terre dans l’Empire du Milieu. J’entre dans un nouveau monde qui ne ressemble en rien avec ce que j’avais pu découvrir en Asie du Sud Est… A suivre dans le prochaine épisode !

9 Réponses

  1. Aline de Boissière

    Bravo, Pierre-Ad. Je suis passionnée par ton voyage… et ton courage ! Bonne continuation sur la route de la soie.
    Je t’embrasse
    Tante Aline

    • Pierre-Ad

      Merci tante Aline ! Je fais au mieux pour partager ce que je vis au quotidien. C’est parfois frustrant de devoir faire l’impasse sur un bon nombre d’événements mais l’essentiel est sur le blog !
      Un grand merci également pour votre soutien financier qui me permet d’avancer plus sereinement !

      A très bientôt.

  2. Cher Pierre-Adrien,

    Nané et moi-même sommes toujours « associés » pour te suivre dans ta formidable progression, dans l’aventure, que tu as choisie de faire. Nous sommes avec toi dans tes coups de pédale, avec des étapes faciles, d’autres plus difficiles, mais semble t-il avec des moyennes régulières malgré tout. Evidemment dans le « report », que tu nous fait parvenir depuis le Vietnam, et très vivant et surtout très descriptif de ce, que tu vis dans ce pays, qui se développe très vite sur le plan économique. Tu nous fait part de tous tes déboires, les rencontres, le couchage, la nourriture, le trajet avec moult détails tous plus intéressants les uns, que les autres. Nous pouvons dire, que tu nous donnes des frayeurs et aussi des émotions, que nous partageons de la lointaine Europe tous les deux. Avec ce passage dans ce pays du Vietnam, longtemps martyrisé, est en passe de devenir presque un pays émergeant, au même titre que la Région des Quatre Seigneurs. Tu nous le confirmes de visu par tes photographies et par ton discours, riches en couleurs, en sons, en vocabulaire, en syntaxe, en style, en grammaire et en ponctuation. Quelques coquilles sans doute inévitables dues au confort certes précaire de ton voyage à bicyclette. Un Grand Merci encore pour ce dernier « report », avec toutes ces trends (Tendances) liées à tout ce que tu emmagasines de vécus et d’expériences d’une vie d’aventurier déjà bien remplie. Voilà en effet presque deux mois et demi, que tu es parti de Bangkok, plus tout ton passé de voyages à travers le monde…
    Demain on the road again et pour terminer la maxime du Jacquet du jour :

    « Les rivières sont des chemins, qui marchent, et, qui portent, où l’on veut aller ».

    Blaise Pascal (Discours sur les passions de l’amour)

    Avec toute notre sincère affection, Cher Pierre-Adrien,

    Nané et Oncle Antoine

    • Pierre-Ad

      Merci oncle Antoine ! Les coquilles sont inévitables et je ne peux pas toujours partager toutes les photos comme je l’aimerais mais je fais au mieux avec la connexion que j’ai sur le moment !
      A bientôt et bonjour à nané.

  3. Woua Pierrade,
    Que d’aventures ! Quelles richesses tu nous partages encore !
    Tout n’est pas simple sur la route, mais j’admire ta ténacité et ton courage. En te lisant, on a un peu peur pour toi. Mais tu rencontres aussi des personnes extras, des enfants joyeux et souriants 😀 Ça réconforte le cœur ❤️
    Tes photos sont toujours superbes , oui, tu nous transportes là bas… sur ta route, MERCI 😊

  4. HANS Catherine et Philippe

    Bonjour, bonsoir ,on ne sait pas exactement cher Pierre Adrien
    nous suivons tes aventures avec beaucoup d’attention et découvrons grâce à toi des terres inconnues au travers de tes superbes photos
    merci pour les commentaires et tout ce vécu
    en tout cas, sache que quand ton périple te fera passer par Guichen, aucun problème, tu seras hébergé ou dans la pature, ou même dans notre maison…dans un bon lit; petit déj continental te sera offert,déjeuners, diners , voire même gouters..et ce, aussi longtemps que tu le souhaiteras;
    nous t’embrassons très affectueusement: notre prière t’accompagne

  5. Ah merci pour cet article où on découvre le Vietnam : c’est beau ! Bravo pour tous ces kilomètres à vélo, et toute la débrouillardise.
    J’ai hâte de lire comment est la Chine ! À bientôt, Nathanaël

    • Pierre-Ad

      Merci Nathanaël pour ces encouragements ! Je viens de publier un premier post sur la Chine :)

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