Courte mais intense traversée du Kazakhstan à vélo

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Je ne pensais pas trouver le temps d’écrire sur le blog ce mois-ci mais finalement des imprévus ont fait que j’ai dû aller précipitamment à Dushanbé pour des demandes de visas, ce qui me laisse maintenant du temps libre pour rattraper mon retard sur le blog. Aujourd’hui, je vais vous parler de ma courte traversée du Kazakhstan et du choc culturel après la Chine.

Porte d’entrée des « Stan »

J’ai passé la frontière Chine/Kazakhstan le 24 juin au matin et après un slalom de 8km dans le No man’s land entre les deux postes frontières, me voilà belle et bien au Kazakhstan. Le premier pays en « Stan » d’une longue série en Asie Centrale.
La première chose que je fais est de m’arrêter au premier restaurant en bord de route à proximité de la frontière. Deux hommes allant à la mosquée juste en face m’indiquent le restaurant.
Premier choc culturel : en entrant dans le restaurant, je découvre un lavabo avec du savon pour me laver les mains avant de manger. En deux mois en Chine, je n’avais jamais vu cette hygiène ! Et dans le restaurant, tout est propre et bien entretenu. On me sert me repas de pâtes et on branche une énorme enceinte crachant de la musique électro Kazakh. La musique résonne dans la grande salle du restaurant dans laquelle je suis l’unique client.

Une « odeur d’Europe »

La Chine m’avait déjà fait pensé à l’Europe lorsque j’avais passé la frontière depuis le Vietnam. Toutes les voitures y étaient flambant neuves et la plupart étaient de marques européennes et françaises en particulier. En arrivant au Kazahkstan, j’ai encore plus le sentiment de me rapprocher de l’Europe. Les véhicules ne sont pas neufs mais viennent tous d’Europe. Par exemple, les bus d’Almaty sont les aciens bus STAR de la ville de Rennes. J’ai presque été tenté de partir à la recherche du chewing-gum stratégiquement placé sous un siège en 1992 lorsque j’allais à l’école à Rennes ! 😉 J’ai également croisé un poid-lourd du petit bled Vern-sur-Seiche à côté de Rennes. Bref, je pourrais me croire comme à la maison si les paysages et l’état de la route ne me rappelaient pas que je suis encore loin.
Contrairement à la Chine, les routes du Kazakhstan sont étroites, défoncées, couvertes de nid-de-poule… quand il reste encore du revêtement. Et pour couronner le tout, les locaux conduisent comme des fous sur ces routes.
Au Kazakhstan, la voiture la plus commune est l’Audi des années 2000 importée massivement d’Allemagne. Lorsque j’ai passé la frontière, j’ai été assez surpris de voir autant d’Audi parfaitement identiques garées sur un parking. J’ai cru à un concessionnaire Audi mais en réalité ce n’était rien d’autre qu’un simple parking ! Je m’apercevrai plus tard que chaque pays à sa voiture d’occasion importée. Au Kirghizstan, la voiture la plus courante est la Mercedes et au Tajikistan, l’Opel Astra et Zaphira.
Pour la première fois, je croise également de nombreuses voitures et motos immatriculés en Europe. C’est tout nouveau pour moi parce qu’en Chine les étrangers ne sont pas autorisés à voyager avec leur propre véhicule. Certains motards m’expliquent qu’ils sont partis de Pologne, de France ou d’Espagne seulement 15 jours avant. Je suis donc potentiellement à 15 jours de route de la maison. Bon, il faudrait pédaler très très vite et accepter de ne rien découvrir le long de la route…

 

L’accueil Kazakh

IMG-20160624-WA0006Arrivée à Zharkent, la première « grande » ville Kazakh depuis la frontière, je m’arrête devant une épicerie pour acheter un peu de nourriture. Aussitôt, un homme m’interpelle et me demande d’où je viens. Rasul à 22 ans et il m’explique qu’il a sa propre boutique d’accessoire auto et qu’il voit souvent passer des voyageurs européens à vélo ou en voiture. Il m’invite à dîner chez lui avec ses parents et sa sœur. C’est encore le Ramadan et ils me proposent de manger avant eux puisque je dois avoir très faim après le vélo. Je décide d’attendre 22h et de manger avec eux.
Rasul aurait bien voulu me proposer de dormir chez ses parents mais il prend un taxi à 23h pour arriver le lendemain matin à Almaty, la capitale. Il me conseille d’aller dormir dans une station essence car il m’explique que les habitants du coin sont racistes et que dormir dehors sous tente pourrait être problématique par ici. Je suis certain qu’il exagérait mais je vais tout de même suivre ses conseils avec quelques difficultés pour convaincre le pompiste de m’accepter sur son terrain derrière les pompes. Il ne parle que russe et ne semble pas trop comprendre ma demande. Rasul lui explique par téléphone et il fini par accepter. Le lendemain je suis réveillé à 7 heure du matin (soit 5 heure du matin, heure chinoise!) avant que le patron arrive.

 

27380213083_ae7e4cbdec_zQuelques jours plus tard, alors que je tentais de prendre la nouvelle route en travaux au lieu du chemin de cailloux qui fait office d’autoroute, le gardien m’arrête et m’indique que la route n’est pas terminée et s’arrête quelques mètres plus loin. On discute en russe & gestuelle à propos de mon voyage et il m’invite finalement à partager son repas !

 

 

Le désert Kazakh

Le Kazakhstan a un territoire immense mais principalement désertique tant par l’absence de végétation et d’eau que par l’absence d’habitant. J’ai parcouru quelques 300km au Kazakhstan mais n’ai traversée que deux petites villes. J’ai notament traversée un désert de plus de 90km. Je n’imaginais pas trouver aucune habitation sur une aussi longue distance et ai donc été très juste en réserve d’eau. Heureusement j’ai pu remplir mes bouteilles dans un oasis au fond duquel coulait un torrent. L’eau n’était pas très claire mais malgré tout buvable après y avoir ajouté des pastilles chlorées.

J’ai campé dans ce désert au sommet du canyon dans lequel se trouvait l’oasis. La vue était absolument magnifique et les couleurs du coucher de soleil extraordinaires. Seuls des centaines de moustiques sont venus troubler la paix du lieu. Plusieurs fois au Kazakhstan, des centaines de moustiques très agressifs m’ont obligé à m’envelopper du mieux que je pouvais pour éviter les piqûres. Sous 35 degrés, c’est assez désagréable de devoir mettre pantalon, manteau, cagoule et gants d’hiver mais c’est la seule solution que j’ai trouvé pour me protéger. Seules mes paupières étaient à découverts et les moustiques ont réussi à les piquer! J’ai découverts après plusieurs jours que ces moustiques sont particulièrement virulents lorsqu’on agite les herbes hautes dans lesquelles ils vivent mais qu’ils se couchent avec la tombée de la nuit vers 20h/21h.

 

Kegen, dernier village avant le Kirghizstan

J’ai pris mon temps pour traverser le Kazakhstan. J’aurai pu atteindre le Kirghizstan en 3 jours mais je l’ai fait en 6 jours pour visiter du mieux que je pouvais la région traversée. J’arrive au bout de 5 jours à Kegen, la dernière « ville » avant le Kazakhstan. Pourtant, la ville à plus des allures de petit village.

Des enfants en bordure de la route remplissent leurs mains de cailloux en me voyant arriver. Par chance deux grosses motos françaises arrivent en face et les enfants hésitent à lancer leurs cailloux. Ils ont trop hésité et je suis déjà passé…
Avant de traverser la frontière, je voulais prendre une douche et dormir sous un toit puisque depuis ça ne m’était pas arrivé depuis Urumqi à 800km de là… Je me dirige donc vers le seul hotel de la ville et négocie une chambre. C’est assez cher pour ce que c’est mais j’accepte de payer 3,5€ pour la douche et une chambre à l’hôtel.
Avant de reprendre la route, je me dirige à pieds vers les magasins pour acheter du pain et des pâtes. Des jeunes en survêt me regardent du coin de l’oeil. Ils font sérieusement penser à nos banlieusards mais sont pour la plupart bien plus sympathiques malgré les apparences.
En revanche, au moment de reprendre le chemin de l’hôtel, une voiture s’arrête et le conducteur se fait passer pour un taxi. Je lui explique que je n’ai pas besoin de taxi. Il me demande ensuite mon passeport en me montrant sa carte d’identité avec une photo d’homme en uniforme (service militaire?). Evidemment j’avais lu le traquenard sur les forums et je ne vais surement pas lui donner mon passeport. Ce serait lui donner un moyen de me racketter si je souhaite récupérer mon passeport. Pendant ce temps-là arrive un vieil homme qui lui non plus pas un mot d’anglais et qui prétend être un réfugié afghan. Il a le mérite d’avoir fait fuir la voiture mais il cherche à m’inviter à prendre le thé. Evidemment, on fait généralement la différence entre les gens bienveillants et ceux qui ne le sont pas forcément. Dans ce cas précis, je n’avais absolument aucune confiance en cet homme. Il me suit sur plusieurs mètres en discutant en russe avec moi et en m’arrêtant de temps en temps en m’attrapant le bras ou l’épaule. Il tenait décidément beaucoup à m’inviter prendre le thé. Finalement, il me suit jusqu’à l’hôtel et refuse de quitter l’hôtel sans que je lui ai donné de l’argent. Il devient menaçant, presque violent et le personnel de l’hôtel n’est pas rassuré. Finalement au bout de 10mn, il se décide à partir après m’avoir fait comprendre que j’étais stupide de ne pas lui donner de l’argent parce qu’il est pauvre et que je suis un milliardaire d’européen évidement. En réalité, je survivais depuis quelques jours avec l’équivalent de 6€ dans mon portefeuille et je comptais encore économiser pour pouvoir changer un peu d’argent à la frontière Kirghize. Je suis à peu près certain que cet homme s’offrait de meilleurs repas que moi et avait un portefeuille plus remplis…

 

En route pour le Kirghizstan

Après avoir bien profité de mon arrêt pour me laver, me reposer et écrire un article pour le blog, je reprends la route en fin de journée pour les dernières dizaines de kilomètres qui me séparent encore de la frontière. Lorsque j’atteins le poste frontière, complètement perdu dans la campagne et entouré de montagne, on m’informe que je devrai attendre le lendemain matin pour passer. Je décide donc de camper à quelques mètres au milieu des vaches dans un champ. Dans un bon anglais, le douanier me propose de m’héberger mais je décline parce que ma tente est déjà montée. Après un superbe coucher de soleil, le froid et l’humidité tombe en l’espace de quelques secondes. Je fini mon livre à la lumière de ma lampe et m’endors pour être prêt pour découvrir un nouveau pays le lendemain matin ! Et je ne serai pas déçu par ce qui m’attends ! A suivre… 😉

Suivre Pierre-Ad:

Pierre-Adrien Mongin est un jeune diplômé de Montpellier Business School. Il a décidé de consacrer une année de sa vie pour découvrir le monde et ses habitants à vélo. Parti de Bangkok en février 2016, il a rejoint Paris à vélo ler 1er Avril 2017 ! Un voyage merveilleux au fil des rencontres... Il est maintenant à la recherche d'une mission dans le marketing en tant que chef de produit ou chef de projet marketing digital. Aidez-le à continuer son rêve !

4 Responses

  1. Lamia alidinah kandjee

    Mince je ne sais pas si mon message s’est bien envoyé ?

  2. Lamia alidinah kandjee

    Bon je crois que mon dernier commentaire ne s’est pas envoyé!
    Je recommence !
    Félicitation pout cette superbe traversé, un vrai plaisir de lire tes articles !
    Moi et mon compagnon François voyageons actuellement à vélo et allons faire quasiment le même trajet que toi ! (Nous sommes allés directement en Chine depuis la THailande en passant par le nord du Laos ) et rentrons à Redon, entre Rennes et Nantes !
    Nous sommes actuellement à Chengdu , avant de prendre le fameux train de 60h direction le Kazakstan !
    J’ai une question à te poser, comment gères tu généralement avec les chiens ? Cela me fait peur, d’autant plus que nous ne sommes pas vaccinés contre la rage !
    Merci pour ta réponse ! A bientôt

    • Pierre-Adrien Mongin

      Bonjour Lamia et désolé de ne pas avoir répondu à ton mail plus tôt. Je l’ai bien reçu la semaine dernière mais complètement oublié d’y répondre.
      Bravo pour ce beau voyage que vous commencez, je vous envie d’avoir encore autant de kilomètres et belles rencontres devant vous!
      J’avais fait tous les vaccins mais n’ai jamais été mordu. En fait, quand un chien (ou une meute de chiens) commencent à te courir après, la meilleure chose à faire est de freiner sec pour m’arrêter brusquement. En voyant le vélo qu’ils prenaient une proie s’arrêter, ils vont comprendre qu’ils ont un être humain en face d’eux et ils vont partir en courant en s’emmêlant les pattes dans la panique! Les plus téméraires stopperont les courses quelques mettre plus loin pour voir si le vélo reprend sa course. Dans ce cas, cris un bon coup sur le chien sur un ton bien injonctif en lui pointant du doigt une direction. Ils demandera pas son reste. Recommence à pédaler doucement jusqu’à ce que le chien soit à perte de vue!

      Vous avez un blog/fb? N’hésitez pas à me recontacter pendant la route ! Bon courage pour la traversée en train. Vous entrez au Kazakhstan ou Kirghizistan ?

      • Lamia alidinah kandjee

        Coucou pierre Adrien
        Merci pour ta réponse 🙂
        Nous arrivons au Kazakstan . On hésite encore pour l’itinéraire, soit prendre le même chemin que you pour arriver au lac au kirzigstan soit aller jusqu’à almaty (pour voir un peu le plus le Kazakstan) et aller direct à bishek! À voir …
        Tu peux nous suivre sur la page  » la route de la soif  » sur Facebook 🙂
        Tant qu’à faire j’ai une autre question, pour m’avancer, concernant l’Ouzbékistan. Par rapport aux registrations obligatoire à l’hôtel ?
        C’est super d’être tombée sur ton blog, en core une fois !

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